Vous avez sûrement reçu les deux devis : celui à 500 € et celui à 12 000 €. Ils ne décrivent pas le même travail, mais aucun des deux ne vous dit lequel.
Voici la décomposition réelle des postes, pour que vous puissiez lire n’importe quel devis correctement.
Poste 1 — La technique du site
C’est le poste le moins cher, et de loin. Installer une boutique sur une solution éprouvée, la configurer, brancher les paiements : quelques jours de travail. C’est ce que facture le devis à 500 €, et c’est honnête pour ce que c’est.
Le problème n’est pas le prix. C’est que ce poste représente peut-être 20 % du travail nécessaire pour que la boutique vende quelque chose.
Poste 2 — La préparation du catalogue
Photos, fiches produits, références, poids, catégories. C’est le poste le plus lourd, le plus ingrat, et celui que les devis bas passent systématiquement sous silence — parce qu’il est renvoyé au client.
D’où le scénario classique : un site livré, joli, vide. Le commerçant doit remplir lui-même, n’a pas le temps, et six mois plus tard le site n’a jamais été ouvert. Le devis à 500 € a été respecté à la lettre. Le résultat commercial est nul.
Poste 3 — L’exploitation quotidienne
Une boutique en ligne n’est pas un objet, c’est une activité. Chaque semaine : répondre aux questions avant achat, traiter les commandes, gérer un retour, mettre à jour un stock, retirer un produit épuisé.
C’est ce poste qui décide si la boutique vit ou meurt, et c’est celui qu’aucun devis de création ne couvre. Vous le paierez d’une manière ou d’une autre : en temps, en salaire, ou en prestation.
Poste 4 — L’acquisition
Un site sans visiteurs ne vend pas, même parfait. Référencement local, réseaux sociaux, éventuellement publicité. C’est un poste continu, pas une ligne de devis ponctuelle.
Comment lire un devis, alors
Trois questions à poser systématiquement, quel que soit le prestataire :
- Qui prépare le catalogue, et c’est inclus jusqu’à combien de produits ?
- Qui traite les commandes et répond aux clients après la mise en ligne ?
- Qu’est-ce que je récupère si j’arrête — le domaine, les données clients, la boutique ?
Si les réponses aux deux premières sont « vous », vous n’achetez pas une boutique en ligne : vous achetez un site, et le travail commence à la livraison. Ça peut être exactement ce que vous voulez, à condition de le savoir avant de signer.
Sur la troisième : la seule bonne réponse est que tout vous appartient. Un prestataire qui garde le nom de domaine ou les données clients à son nom vous tient, et vous le découvrirez le jour où vous voudrez partir.
Notre position
On facture la mise en place à partir de 1 600 €, ajustés après audit, précisément parce que le poste catalogue est inclus. Et on facture la gestion mensuelle parce que l’exploitation est un travail réel, pas une garantie.
Ce n’est pas le moins cher du marché. C’est le prix de la seule chose qui compte : une boutique qui tourne encore dans six mois.